Chapitre 1 : Je veux me sentir à nouveau désirée
Chapitre 1 : Je veux ressentir du désir à nouveau
Callan
« Viens ici, mon Pet ! » hurle mon petit ami.
On rit, on plaisante autour du feu de camp sur la plage, quelques verres ont déjà délacé les langues et les esprits. Je suis le roi de la soirée, je balance les remarques les plus graveleuses, habillé presque aussi exubéramment que je me comporte. C’est justement ça qui me fait comprendre d’un coup que ce n’est qu’un rêve, et je grimace en voyant les fringues que je porte. Je serais dans de beaux draps. Depuis quand je n’ai pas ri comme ça pour de vrai ?
Le garçon que j’étais entraîne tout le monde dans une partie de bouteille. Certains acceptent tout de suite, d’autres sont plus difficiles à convaincre, mais mon enthousiasme finit par rallier tout le monde. Me voir prendre les devants comme ça pour obtenir ce que je veux me paraît tellement étrange. Le jeu bat son plein jusqu’à ce que vienne mon tour, la bouteille s’arrête sur un gars mignon, mais ce n’est pas mon petit ami. Je arque un sourcil vers Asher, mon copain, pour savoir si c’est ok. Il se contente de hausser les épaules et j’offre un grand sourire au petit mignon que je suis censé embrasser, puis je rampe vers lui d’un air séducteur. Il rougit quand nos lèvres se touchent, mais il n’est plus si timide quand je demande l’accès à sa bouche et qu’il me laisse entrer. Nos langues se mêlent, nous arrachant des gémissements à tous les deux au milieu du baiser. Les autres gars et filles nous applaudissent, commentant à quel point c’est chaud. Quand je décolle mes lèvres des siennes, je regarde Asher et je vois que ses yeux sont plein de désir, ce qui m’encourage à murmurer une proposition au petit mignon, mes yeux restés fixés sur mon petit ami.
Le petit mignon nous a suivis ce soir‑là jusqu’à un coin isolé de la plage. Je ne sais pas s’il est gay ou juste curieux, mais je m’en fiche. Demain, je l’aurai oublié, je n’ai de sentiments que pour mon copain. Il est juste là pour nous aider à réaliser un fantasme profond que je nourris depuis longtemps. On échange des baisers, les vêtements volent assez vite et bientôt je suis à quatre pattes, la bouche autour la bite du garçon pendant qu’Asher me pilonne par derrière, exactement comme je le voulais. Ils se servent tous les deux de mes trous en même temps, la gêne du début disparaît rapidement pour laisser place à la brutalité, et je commence à m’envoler très haut. Je remarque à peine le moment où le garçon se décharge dans ma bouche, je gémis quand ils échangent leurs places, mais heureusement je me perds de nouveau très vite dans toutes les sensations qui m’assaillent. Je plane et plus rien n’a d’importance. Je me fiche que mes parents m’aient foutu dehors, je me fiche de ne n’avoir nulle part où vivre. Je suis jeune, je suis brillant et je vais me construire une vie.
Alors qu’ils continuent tous les deux à me faire tellement de bien, le rêve commence à se dissoudre et ma tête se met à pulser de douleur quand les souvenirs de la conversation d’hier soir refont surface. C’est comme si mon subconscient avait voulu me montrer tout ce que j’ai perdu en chemin. Je veux rire à nouveau, je veux redevenir dingue et ressentir du désir à nouveau. Je veux reprendre du plaisir à faire l’amour et je veux croire en la vie à nouveau. Les larmes me montent aux yeux et coulent sur mes joues quand je me réveille. Je veux juste redevenir moi.
Comme tous les jours, je me réveille tout seul à cinq heures du matin. Asher n’aime pas que mon réveil le sorte du lit, et c’est important qu’il soit de bonne humeur au réveil. Je me lève le plus silencieusement possible, en retenant de justesse une grimace quand une douleur aiguë me traverse le dos. Putain, il y est vraiment allé fort hier soir. J’aurais pas dû lui en redemander. Parfois, je suis vraiment une pute.
Je boîte jusqu’à la cuisine et j’avale deux cachets pour essayer d’atténuer la douleur. Ce n’est pas si terrible, c’est le genre de courbatures auquel je suis habitué, vu ma situation. Puis je commence à préparer le petit-déjeuner pour mon homme ; il déteste les pancakes faits avec les mélanges tout prêts du supermarché. Je dois donc les faire maison, je lance aussi le café et je mets la table pour lui. Heureusement, tout est prêt quand il se réveille vers sept heures et vient s’asseoir à la table, glorieux dans sa nudité.
Il est un peu plus grand que moi, dans les un mètre quatre-vingts, avec des cheveux foncés et de magnifiques yeux. J’adorais le côté malicieux qu’ils avaient au lycée, mais aujourd’hui… ils sont sérieux la plupart du temps. Depuis qu’il a arrêté le sport après la fac, sa poitrine musclée a perdu un peu de sa superbe, mais ça reste un homme superbe. Son épaisse ligne de poils descend vers son imposante trique matinale. Il laisse échapper un petit rire en me voyant boitiller vers lui pour lui servir ses pancakes et son café.
— Tu l’as bien senti, cette nuit, mon Pet, dit-il en me claquant les fesses avant que je retourne reposer la cafetière sur le comptoir.
— Mais tu aimes ça, quand je te prends fort. Hein, petite pute ?
Il aurait pu prendre plus de temps pour me préparer avant de me pilonner avec sa queue énorme, mais j’ai aimé ça quand même, donc j’imagine que ça fait bien de moi une salope.
— J’aime ça, oui, je réponds.
Pourvu qu’il soit de bonne humeur aujourd’hui, parce que je ne supporterais pas une autre raclée maintenant.
— Je le sais bien. Maintenant, viens me donner mon baiser du matin, ordonne-t-il.
C’est bon signe, ça veut dire qu’il est de bonne humeur, alors je reviens en boitant vers lui et je me penche pour effleurer ses lèvres des miennes. Aussitôt, il prend le contrôle et sa langue vient enlacer la mienne tandis qu’une de ses mains agrippe l’arrière de ma tête. J’adore la façon dont il domine ma bouche comme ça, et je me mets vite à gémir.
— Maintenant, mon autre baiser du matin, dit-il doucement en décollant ses lèvres des miennes.
Je sais qu’il ne vaut mieux rien dire, alors je me contente de ramper sous la table, entre ses cuisses. J’ai toujours adoré le sucer, mais au fil des années, ce petit rituel est devenu presque mécanique, et ça ne me surprend pas de voir que je ne suis qu’à moitié dur pendant mes habituelles pipes du matin. Au moins, aujourd’hui, il ne me pousse pas la tête pour m’obliger à l’avaler en entier : il est trop occupé à manger son petit-déjeuner. Il ne me prévient pas quand il finit par jouir dans ma bouche avec un long grognement, et je pompe encore quelques fois, de haut en bas, pour le vider complètement avant de le lécher soigneusement. Je prends quelques secondes pour reprendre mon souffle, puis je ressors de sous la table et me redresse.
« On dirait que je vais avoir mal toute la journée », pensé-je en sentant la vive brûlure dans mon dos.
