Chapitre 3 : Je n'ai pas où aller
Chapitre 3 : Je n’ai nulle part où aller
Callan
À un moment, je grignote un petit morceau de pain après avoir terminé de nettoyer ce qu’il restait sur la table. Je n’ai plus vraiment faim, j’ai juste la naurèse de moi-même. Comme toujours, j’ai réussi à tout gâcher et à lui ruiner sa soirée. Quand ce n’est pas la cuisine, c’est la chemise que j’ai brûlée ou laissée trop froissée, ou l’appartement qui n’est pas assez rangé. Ou une lettre que j’ai oublié de poster, parfois, je me demande comment il supporte mon inutilité. Je n’ai pas particulièrement hâte qu’il rentre même si je sais que je mérite bien la punition qu’il trouvera. Je me recroqueville dans un des fauteuils et je m’enlace moi-même très fort. La brûlure sur mon bras me lance encore un peu, je pense qu’elle laissera une marque pendant quelques jours.
Il finit par rentrer une heure plus tard et je suis terrifié quand je croise son regard. Il n’a plus l’air en colère, mais il y a dans ses yeux cette lueur vicieuse que j’ai appris à détester ces derniers temps.
« Callan ? Mon petit, viens là. » dit-il d’une voix faussement réconfortante.
Je sais que rester où je suis ne fera qu’empirer les choses, alors je me lève et je marche vers lui. Son haleine empeste l’alcool, ce qui ne fait que m’effrayer davantage.
« Je crois que tu me dois des excuses ? »
« Je suis vraiment désolé d’avoir gâché le dîner, Asher, » dis-je doucement.
« Pardonne-moi, s’il te plaît. » ajouté-je.
« Oh, ce n’est pas ce genre d’excuses que j’avais en tête. » ricane-t-il.
« Tu devrais être à genoux et ta bouche devrait servir à autre chose. »
Je sais parfaitement quel genre d’excuses il a en tête, et je préférerais faire n’importe quoi d’autre.
« S’il te plaît, Asher… » je supplie, mais je n’ai pas le temps de finir, il m’interrompt avec une gifle à peine retenue qui me fait violemment tourner la tête.
« À genoux, maintenant ! » aboie-t-il d’une voix forte.
« Et ne me force pas à me répéter. »
J’obéis, puisqu’il obtiendra ce qu’il veut de toute façon, et qu’en le faisant maintenant j’éviterai quelques bleus inutiles. Je pleurais déjà quand il a baissé sa braguette.
« Continue de me regarder et ouvre. » ordonne-t-il, et, juste comme ça, il enfonce sa bite à moitié dure dans ma gorge.
Ce ne serait pas un problème s’il se contentait d’aller et venir dans ma bouche. Même s’il est très bien membré, il n’est pas encore au maximum, donc je peux le prendre entièrement. Mais on ne peut détendre son réflexe nauséeux qu’un temps, et lui s’excite avec ça. Au bout du compte, ton corps finit par comprendre qu’il y a un problème et veut se débarrasser de l’objet étranger qui vient buter contre ta luette. Sauf que, dans mon cas, il ne le peut pas, parce qu’il tient ma tête fermement entre ses deux mains. Je commence à avoir d’horribles haut-le-cœur, à deux doigts de vomir, et mes yeux se remplissent de nouvelles larmes. Ça ne fait que l’exciter davantage, ce qui le fait durcir encore et aggrave mon problème de nausée. Mes yeux suppliants rencontrent son regard vicieux. Il sait que je déteste ça, mais il continue quand même. C’est sa manière préférée de me punir quand je fais quelque chose de mal. Après ce qui me semble être une éternité, il finit par se retirer et j’essaie de reprendre mon souffle, toussant et recrachant un peu de reflux par terre.
« S’il te plaît… » je supplie de nouveau dès que je peux parler, ce qui me vaut une gifle sur l’autre joue.
« Arrête de supplier et va t’agenouiller contre le mur. »
J’y vais en rampant, en sanglotant, et je prends la position qu’il m’a demandée. Je ne ferme pas les yeux, parce que je sais que ça me vaudrait une autre gifle, alors je suis obligé de le voir s’avancer vers moi d’un pas de prédateur.
« Bien, salope. » dit-il en posant ses mains de chaque côté de ma tête et en la plaquant contre le mur.
« C’est la seule chose que tu sais faire, au fond. Arrête de te plaindre et excuse-toi comme il faut. »
À ces mots, le supplice recommence. Sa bite est maintenant complètement dure, et la sentir enfoncée jusqu’au fond de ma gorge est encore plus horrible. Au début, il reste au moins quelques secondes à chaque fois qu’il heurte le fond de ma gorge, me faisant suffoquer et vomir à moitié. Je déteste cette intrusion en moi, et le fait de ne rien pouvoir y faire. Des filets de vomi dégoulinent le long de mon menton et, à un moment, ça me remonte même par le nez après un haut-le-cœur particulièrement violent. Puis son excitation prend le dessus et il se contente de me baiser la bouche jusqu’à ce qu’il finisse par se vider dedans.
« Nettoie tout ça avant d’aller dormir sur le canapé. » ordonne-t-il en se dirigeant vers la salle de bains.
Je l’entends prendre une douche, puis aller se coucher pendant que j’essaie encore de me reprendre. Je n’arrive pas à croire que ça m’est encore arrivé. Je préfère largement quand il se contente de me frapper ou de me prendre brutalement, ça, c’est le pire. Même les quelques fois où il a juste pissé dans ma bouche en me forçant à avaler étaient moins atroces que ça. Au moins, ce soir, il ne m’a pas attaché, pas comme cette nuit où j’ai passé des heures les bras fixés au mur. Quand il s’est réveillé le lendemain matin et que son petit-déjeuner n’était pas prêt, j’ai eu droit à un nouveau tour de cette horrible sanction. J’ai essayé de lui expliquer que je ne pouvais rien faire puisque j’étais entravé·e, mais il m’a simplement répondu que c’était de ma faute si j’avais été puni·e, de toute façon.
Quand je parviens enfin à me lever et à bouger, j’enlève mon tee-shirt et mon pantalon de survêtement. Ils sont couverts de taches de reflux, je devrai les nettoyer demain. Je me redresse et bois lentement un verre d’eau pour essayer d’enlever ce goût immonde dans ma bouche, puis j’essuie le sol et je prends une douche rapide une fois que tout est propre. Comment notre relation a-t-elle pu se dégrader à ce point ? Est-ce parce que je n’ai cessé de lui demander d’être plus brutal avec moi ? Au début, j’adorais la manière dont il me prenait de plus en plus fort, jusqu’au moment où il a cessé de m’écouter quand je disais que c’était trop. Ou bien est-ce parce que je suis tellement nul·le ? Je sais que je foire souvent les corvées, mais il y en a tellement. Et je fais de mon mieux, ça devrait compter pour quelque chose. Je sais que tout cela est mal, je suis stupide mais pas à ce point. Je sais qu’il ne devrait pas me faire ça, je sais que je devrais le dénoncer ou fuir.
Mais où ? Mes parents ne veulent plus me voir et ils rendraient probablement ma vie encore plus misérable si je retournais chez eux. Je n’ai pas d’argent, pas de travail. Je suis tellement inutile que je ne suis même pas fichu·e d’en trouver un, alors j’endure tout ça. La plupart du temps, ça va, quand j’arrive à ne pas trop le mettre en rogne. Parfois, ça dérape un peu, comme ce soir. Peut-être que la chose la plus stupide et pitétique dans tout ça, me dis-je en marchant en silence vers notre chambre, c’est que malgré tout ce qu’Asher me fait subir, je l’aime encore tellement. J’ouvre doucement la porte et je jette un coup d’œil à l’intérieur, n’entrant qu’au moment où j’entends sa respiration lourde qui me confirme qu’il dort. Les rideaux sont encore ouverts et la lune baigne la pièce d’une légère clarté qui me permet de voir son visage parfait, calme et paisible. Je ne vois ce côté-là de lui que lorsqu’il dort, et même si je risque de le payer cher s’il me trouve ici, je ne peux pas m’empêcher de le contempler longtemps.
Quand, finalement, la peur de le voir se réveiller l’emporte sur le calme et la douceur que je ressens en le regardant, je dépose un petit baiser sur son front, puis je retourne sur le canapé où il m’a relégué·e.
