
Accardi
Allison Franklin · Terminé · 260.3k Mots
Introduction
Ses genoux fléchirent et, sans sa prise sur sa hanche, elle serait tombée. Il glissa son genou entre ses cuisses pour la soutenir au cas où il aurait besoin de ses mains ailleurs.
« Que veux-tu ? » demanda-t-elle.
Ses lèvres effleurèrent son cou et elle laissa échapper un gémissement alors que le plaisir que ses lèvres apportaient se diffusait entre ses jambes.
« Ton nom », souffla-t-il. « Ton vrai nom. »
« Pourquoi est-ce important ? » demanda-t-elle, révélant pour la première fois que son intuition était correcte.
Il ricana contre sa clavicule. « Pour que je sache quel nom crier quand je jouirai en toi à nouveau. »
Geneviève perd un pari qu'elle ne peut pas se permettre de payer. En compromis, elle accepte de convaincre n'importe quel homme choisi par son adversaire de rentrer chez elle ce soir-là. Ce qu'elle ne réalise pas, c'est que l'homme que l'amie de sa sœur lui désigne, assis seul au bar, ne se contentera pas d'une seule nuit avec elle. Non, Matteo Accardi, le Don de l'un des plus grands gangs de New York, ne fait pas de coups d'un soir. Pas avec elle en tout cas.
Chapitre 1
L’estomac de Genevieve se noua quand Mallory posa sa main de cartes sur la table avec un sourire suffisant. Elle s’en prit à l’alcool… et à la voix stridente, insupportable, de Mallory, qui l’avait poussée à se joindre à la partie. D’ordinaire, elle était bonne au poker. Mallory, en revanche, semblait du genre « lunettes de soleil et tournoi télévisé », carrément.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda Jada en rajustant l’écharpe blanche qui annonçait à tout le monde qu’elle était la future mariée.
« Ça veut dire, commença Mallory en se calant au fond de sa chaise, une lueur au regard, que ta sœur me doit une bague. »
Les autres femmes autour d’elles eurent un hoquet. Gen baissa les yeux vers la bague de sa mère. Elle la fit tourner sur l’annulaire droit, là où elle reposait chaque jour depuis quatorze ans.
« Mallory, tu peux pas. C’est moi la mariée, et on n’a pas le droit de contrarier la mariée, hein ? » souffla Jada, le regard faisant des allers-retours entre les deux femmes qui se foudroyaient. « Cette bague… elle était… »
Gen leva la main pour empêcher sa sœur d’en dire trop. « Double ou rien », lança Gen, déjà en train de tendre le paquet de cartes à Lucy, une amie de fac de Jada, pour qu’elle mélange.
Mallory observa sa manucure française impeccable d’un œil critique. « Hmmm, non », déclara-t-elle avec ce sourire satisfait qui donna à Gen une envie violente de passer par-dessus la table pour l’étrangler.
« Allez, Mallory, » protesta Lucy en continuant de battre les cartes. « C’était le truc le plus excitant de la soirée ! » Lucy jeta un coup d’œil à Jada, qui croisa les bras et fit la moue. « Désolée, Jada. »
Gen ricana en avalant un autre shot de tequila. Elle n’avait pas envie de le dire, mais elle ne pouvait qu’être d’accord. C’était censé être un enterrement de vie de jeune fille. Elles étaient censées être dans un strip-club du centre-ville, à balancer des billets et à faire lécher de la vodka sur leurs nombrils par des strip-teaseurs. Au lieu de ça, elles étaient dans un bar chic du Lower East Side de Manhattan qui empestait la testostérone. Si Gen habitait plus près, elle aurait organisé la soirée elle-même, et sa sœur aurait eu à repousser des grappes d’hommes plutôt que de lutter contre l’envie de bâiller.
Pas pour la première fois, elle balaya du regard le petit bar, où un quatuor jouait dans un coin. L’endroit était beau. Une ambiance d’une autre époque, façon speakeasy, avec du bois sombre, un long comptoir et un barman tiré à quatre épingles. Dans d’autres circonstances, Gen se voyait bien s’apprêter pour retrouver des amis ici, tard le soir, pour prendre des nouvelles. Mais un enterrement de vie de jeune fille ? Même les hommes épars dans la salle avaient l’air déprimés. La plupart étaient tatoués, et deux fois plus massifs que ceux qu’elle croisait d’ordinaire à Boston. Tous portaient des costumes sombres, et une sorte de chape de tristesse semblait alourdir leurs épaules.
Gen tourna les yeux vers le comptoir, vers l’homme qui avait attiré son attention dès son entrée, à l’arrière du groupe de filles trop surexcitées. Il était assis seul au bar, les hommes autour de lui lui laissant un large espace. Il avait l’air exactement comme une heure plus tôt. Il soutenait sa tête de la main droite, une cigarette allumée dangereusement proche de ses beaux cheveux brun foncé, coiffés en arrière, à l’exception de quelques mèches échappées sur son front. Sa main gauche faisait tourner un verre à moitié vide d’un liquide ambré. Sa posture semblait s’être repliée sur elle-même, comme si tout son corps n’était maintenu debout que par cette main droite. Quand il la baissa pour tirer sur sa cigarette, Gen fut surprise que sa tête ne vienne pas s’écraser sur le bois du bar. Elle en eut mal au cœur pour lui.
« Ouais ! Fais le truc de “Comment se faire larguer” ! » proposa Rachel en sautillant sur son siège. Lucy et Jada posèrent chacune une main sur ses épaules pour tenter de la calmer.
Gen essaya de se reconcentrer sur la conversation. « Qu’est-ce qui se passe ? »
« Hmm, j’aime bien, » dit Mallory.
« Aimer quoi ? » demanda Gen.
Jada soupira. « Rachel, toujours aussi serviable, a suggéré que Mallory te choisisse un mec à ramener chez toi. »
« Comme le pari dans “Comment se faire larguer en dix jours” ! » répéta Rachel.
Gen éclata de rire, attirant le regard de plusieurs hommes assis près d’elles. « Pas mal, celle-là. »
« J’ai envie de le faire, » gloussa Mallory.
« Non. »
Mallory se pencha en avant et tendit la main. « Alors donne-moi la bague. »
La mâchoire de Gen se contracta, tout comme le poing qui serrait la bague de sa mère. Elle pourrait la frapper. Ce ne serait pas le premier visage à porter l’empreinte de la bague de fiançailles de sa mère.
« D’accord », lâcha-t-elle entre ses dents.
Rachel tapa des mains, surexcitée. « Voyons voir, voyons voir, qui est-ce qu’on peut trouver pour… »
« Lui », dit Mallory sans hésiter.
Toutes les femmes autour poussèrent un cri étouffé en suivant la direction de son doigt. Gen se retourna et son cœur fit un bond. Elle pointait l’homme seul au bar. Celui qu’elle n’avait pas réussi à quitter des yeux de toute la soirée. Gen esquissa un sourire, puis reprit un air neutre en se tournant vers Mallory.
Les yeux inquiets de Jada se tournèrent vers sa future belle-sœur.
— Mallory, non. Choisis n’importe qui d’autre. Je ne laisserai pas…
— Marché conclu, dit Gen en se penchant pour serrer la main que Mallory lui tendait.
Quand Gen voulut la retirer, Mallory la retint d’une poigne ferme.
— Souviens-toi : quand il te recalera, je récupère ta bague, lança Mallory avec un sourire sinistre, le genre de rictus qu’on ne voit d’habitude que sur les affiches de films d’horreur.
Gen parvint à se dégager. Elle avala son dernier shot et se leva. Elle lissa sa robe et rejeta derrière ses épaules sa chevelure noire, longue jusqu’à la taille. Jada bondit à son tour et attrapa le bras de Gen avant qu’elle n’ait le temps de bouger.
— Tu sais qui c’est ? souffla-t-elle, la voix étranglée par la nervosité.
— Non. C’est une célébrité ou quoi ? demanda Gen en détaillant l’homme, qui tira encore sur sa cigarette avant de l’écraser dans le cendrier. Il ramassa son paquet en soupirant et en extirpa une avec les lèvres. Puis il fouilla ses poches à la recherche de son briquet. L’occasion parfaite.
— Oui, c’est…
— Merci, petite sœur, mais je gère. Ne me dis rien, ça va me retourner le cerveau. Je dois y aller, coupa Gen en se dégageant.
Gen se dirigea vers le bar, ignorant les murmures inquiets des femmes qu’elle laissait derrière elle. Sa cible fouillait toujours dans ses poches. Elle réduisit la distance rapidement, détournant les regards curieux des autres hommes dans la pièce. Elle s’installa sur le tabouret à côté de l’inconnu, qui ne semblait même pas avoir remarqué son approche. Il lâcha un grognement frustré en enfonçant la main au fond de sa poche droite.
— Un vodka tonic, dit-elle au barman qui attendait. Il hocha la tête et s’éloigna.
Elle jeta un coup d’œil à l’homme sur sa droite : il semblait avoir renoncé à retrouver son briquet et, à la place, fixait d’un air noir le verre qu’il tenait maintenant serré entre ses mains jointes.
— Vous voulez du feu ? demanda-t-elle prudemment.
L’homme ferma les yeux et renversa la tête, dévoilant sa pomme d’Adam et les tendons de son cou, qui disparaissaient dans sa barbe sombre.
— Putain, oui, gémit-il, dans un son si proche du sexuel que ses cuisses se serrèrent malgré elle.
Gen sortit son briquet de son sac. Elle ramassa la cigarette posée sur le bar et l’alluma, puis la lui tendit entre le majeur et l’index. Elle grimaça en voyant la trace rouge de son rouge à lèvres sur le bout. Il baissa la tête et prit la cigarette sans le moindre commentaire. Il tira une longue bouffée, dure, puis laissa retomber sa main sur le bar dans un bruit sourd avant d’expulser la fumée par le nez.
Il ouvrit les yeux et fixa la cigarette qu’il tenait. Il la leva et la tourna pour embrasser du regard tout le contour de ses lèvres. Gen retint son souffle lorsqu’il jeta un regard de côté vers elle ; ses yeux furent aussitôt happés par sa bouche. Sous son inspection, elle entrouvrit les lèvres. Elle voyait enfin son visage en entier, et la beauté de cet homme la frappa de plein fouet.
De doux yeux bruns, encadrés de cils noirs et épais, un nez net, visiblement cassé plus d’une fois. Ses lèvres, pleines, avaient l’air si douces lorsqu’il pinça sa lèvre inférieure entre ses dents. Il détourna les yeux avant de les relever vers les siens, l’empêchant d’y lire quoi que ce soit.
— T’es une piètre joueuse de poker, commenta l’inconnu avant de reprendre une bouffée.
Sa voix était plus grave qu’elle ne l’avait imaginé, un baryton sombre ; on y percevait une pointe d’accent italien, comme s’il avait passé beaucoup de temps là-bas. Elle s’assit plus franchement sur le tabouret pour éviter que ses jambes ne la trahissent au simple son de sa voix.
— Pardon ?
Il hocha la tête vers la table où les femmes les observaient de près.
— Quand ta main a tourné, ça s’est vu sur toute ta figure.
— Vous m’observiez, hein ? demanda-t-elle, en espérant que son ton sonnerait comme une invitation.
— Depuis le moment où tu es entrée, admit-il.
Il but la dernière gorgée de son whisky et siffla le barman, qui lui en posa aussitôt un autre devant lui.
— Et son vodka tonic ? grogna l’inconnu.
Le barman bredouilla deux ou trois excuses, puis lui apporta sa boisson comme sortie de nulle part.
— Merci, marmonna-t-elle.
— Alors, qu’est-ce que tu as perdu ? demanda-t-il.
— Rien, pas encore, répondit-elle en prenant une gorgée.
L’inconnu eut un petit rire.
— Mallory Carmichael ne laisse pas ses victimes s’en tirer aussi facilement. Tu lui dois quelque chose.
— Vous la connaissez ?
— Malheureusement.
Gen tapota le comptoir du bout des doigts et regarda par-dessus son épaule. Mallory était affalée sur sa chaise, un sourire de sale petite merde collé au visage. Jada, elle, pianotait nerveusement, pendant que Rachel lui massait les épaules.
— Vous, répondit enfin Gen.
L’inconnu renifla.
— Moi ? Quoi, moi ?
Gen inspira profondément.
— Double ou rien. Soit je repars avec vous… soit je perds la bague de ma mère.
Derniers chapitres
#147 Avant-première : « Donati » Deuxième livre de la série « A Don by any Other Name »
Dernière mise à jour: 7/9/2026#146 Épilogue
Dernière mise à jour: 7/9/2026#145 Chapitre cent quarante-cinq
Dernière mise à jour: 7/9/2026#144 Chapitre cent quarante-quatre
Dernière mise à jour: 7/9/2026#143 Chapitre cent quarante-trois
Dernière mise à jour: 7/9/2026#142 Chapitre cent quarante-deux
Dernière mise à jour: 7/9/2026#141 Chapitre cent quarante et un
Dernière mise à jour: 7/9/2026#140 Chapitre cent quarante
Dernière mise à jour: 7/9/2026#139 Chapitre cent trente-neuf
Dernière mise à jour: 7/9/2026#138 Chapitre cent trente-huit
Dernière mise à jour: 7/9/2026
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